Dette africaine: Mais qui doit quoi en réalité

ECONOMIE

L’Afrique doit environ 365 milliards au reste du monde. Et pour l’“aider à amortir le choc économique du coronavirus”, les pays prêteurs et les institutions internationales proposent d’alléger et de réduire cette dette.

Mais au fait, Il faudrait que les grands créanciers occidentaux sachent que ces dettes, ce sont des dettes illégitimes et illégales qui auraient dû être bien annulées avant aujourd’hui. Et donc, annuler la dette africaine, c’est plutôt rendre justice à l’Afrique. Ce n’est pas vraiment un cadeau, un don. Pourquoi Broulaye Bagayoko parle de Et surtout, C’est une dette qui a été contractée au nom du peuple, au nom des citoyens mais qui n’a pas servi au développement de ceux-ci. C’est une dette qui a fait l’objet de détournement, de corruption, qui doit purement et simplement être annulée et sans conditions.

– En 2018, 32% de la dette africaine étaient dus à des prêteurs privés, 35% à des organismes multilatéraux, 20% à la Chine, et le reste, soit 13%, à d’autres États. Toutes ces dettes sont-elles illégitimes et illégales ? Pas si sûr. – Il faut aller vers un audit citoyen intégral de la dette africaine pour annuler ses parties illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables et de les réinvestir dans les secteurs sociaux de base en l’occurrence le secteur de la santé qui se trouve actuellement plus touché. Revenons sur la dette dite “multilatérale”. Son pourcentage représentait en 2018 le plus gros morceau de la dette africaine, soit Si vraiment le FMI et la Banque mondiale veulent aider l’Afrique, pourquoi refusent-ils d’annuler toute leur dette ?

On fait semblant comme si c’est le Nord qui finance le Sud. C’est le contraire. C’est le Sud qui finance le Nord. Et lorsque par exemple les Occidentaux envoient ou accordent un dollar aux pays africains, il y a deux dollars qui leur reviennent sous une autre manière. C’est ainsi que le FMI et la Banque mondiale ont misé [vers les années 1980] et ce qu’ils ont appelé Sauf que cette aide a plus servi au refinancement de la dette souveraine [des États pauvres] envers les créanciers dont le FMI et la Banque mondiale plutôt qu’aux investissements économiques et sociaux des pays emprunteurs. C’est ce que les économistes démontrent dans leur livre intitulé : “La dette odieuse de l’Afrique.

Comment l’endettement et la fuite des capitaux ont saigné un continent.” En gros, on prend plus de l’Afrique qu’on ne l’aide. Si vraiment les pays du G20 et le Club de Paris veulent aider l’Afrique, pourquoi préfèrent-ils un moratoire à une annulation pure et simple ? Pourquoi continuent-ils de soutenir et de prêter à des régimes corrompus ? Pour Broulaye Bagayoko, c’est la preuve qu’une fois de plus, ces pays et institutions continuent leur “politique d’aide à l’Afrique mais sans vraiment l’aider”. On a aujourd’hui, uniquement les pays de l’Afrique de l’Ouest qui compte huit pays [UEMOA], nous on a qui sont stockés dans les paradis fiscaux en Europe.

Et donc, au lieu de dire qu’on va vous apporter des aides, il faudra nous apporter notre propre argent d’abord, qui est logé chez vous. – Pourtant, les pays du Nord et grands bailleurs de fonds savent bien que les pays africains ne pourront pas rembourser, ni aujourd’hui, encore moins après le COVID-19. Et c’est ce que Thomas Sankara, l’ancien président du Burkina Faso, avait compris, il y a plus de trente ans. Sankara, dans son discours sur la dette à Addis-Abeba en 1987, avait appelé ses collègues chefs d’État africains à créer un front uni contre la dette [le club d’Addis-Abeba]. Il l’a dit comme ça : “Si nous refusons de payer, les bailleurs de fonds ne mourront pas. Mais si nous acceptons de payer, c’est nous qui allons mourir.”

– Mais si les pays africains refusent de payer leur dette, qui leur prêtera encore de l’argent ? Eh bien selon le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes, il n’y a aucun discrédit à accepter de voir la vérité en face : a cédé la place à un fardeau de Les gouvernements occidentaux se sont endettés pour venir coloniser les peuples en Afrique et après que ces pays ont acquis leur indépendance, les dettes qui ont servi à leur colonisation leur ont été léguées. C’est-à-dire que nous devons rembourser la dette qui a servi à notre colonisation. Et donc cette dette, elle a profité à qui ? Nous pensons qu’elle a profité plutôt aux colonisateurs et non aux pays colonisés. Ce fut notamment le cas au Maroc, en République démocratique du Congo ou encore en Tunisie. Mais que dire alors de la dette que l’Afrique doit à la Chine ? Car sur les 365 milliards de dollars de dette, 145 lui sont dus.

Ce qui fait d’ailleurs de Pékin le premier créditeur de l’Afrique sans parler de ses taux d’intérêt élevés à plus de 4%. Les dirigeants africains vont-ils léguer aux générations futures des pays hypothéqués et aux dettes irremboursables ? Pour l’historien et philosophe Achille Mbembe, la Chine ne servira pas de “distributeur automatique” à l’Afrique. Et comme tout créancier, elle voudra son argent et les intérêts qui vont avec. D’où ce constat de l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques : Êtes-vous pour pure et simple de la dette ? Et si on annule la dette, qu’est-ce qui garantit que l’Afrique ne retombera pas dans le même cycle d’endettement ? Pourquoi les pays africains hésitent-ils à confiner leur population ?

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